150 Ans

COLLOQUE DU 15 Novembre 2013

Construction de l'eglise du Saint Nom de Jesus

Visite de l'Eglise


Ce qui caractérise l'église du Saint Nom de Jésus, c'est sa légèreté. Elle est assez longue (55 mètres) mais pas large (19 mètres)
et la division en trois tronçons par les nefs semble la rendre encore plus étroite. En revanche, elle est élancée (21,50 mètres au plus haut point
où se rejoignent les nervures des voûtes). Quand on entre pour la première fois dans notre église, on est surpris de l'élévation insolite du maître-autel,
auquel on accédait par un escalier de quinze marches à double rampe. Les églises monastiques se divisent en deux parties : le chœur  des religieux
et la chapelle des fidèles. Jadis, suivant les coutumes des Dominicains, le chœur devait être clôturé de telle sorte que les fidèles ne puissent voir entrer
ou sortir les religieux. Avant la fondation de la paroisse, il était fermé par une barrière contre laquelle étaient adossés deux autels : Saint Joseph et
Sainte Catherine de Sienne.

L'autel du Rosaire a été dessiné par le Docteur Fèvre, médecin du couvent et ami du Père Antoine Danzas, qui, du reste, a inspiré l'ensemble de
la composition. La table est supportée par deux piliers carrés flanqués de quatre colonnes.
Le tabernacle présente l'aspect d'une forteresse (tour de David). Le retable, sculpté à jour, est embelli de symboliques fleurs de lys. Au-dessus
du tabernacle, dans un médaillon elliptique fixé au mur, la Mère de Dieu tenant son Fils sur son genou droit est assise sur un trône. Deux anges
debout sur des piliers, aux deux extrémités du retable, figurent la louange de Marie par le Rosaire ; à droite l'archange Gabriel, reconnaissable
à son étole traditionnelle, joue du hautbois ; à gauche, son céleste compagnon tient un luth. C'est le psautier de Marie.

Les sculptures de l'autel sont dues au ciseau de Joseph Hughes Fabisch, le célèbre sculpteur lyonnais. La porte du tabernacle, avec les armoiries
du Couvent de Lyon (monogramme du Saint Nom de Jésus encadré par les couleurs dominicaines, noir et blanc), fait honneur au grand talent
de l'orfèvre lyonnais Thomas Joseph  Armand Calliat. Adossée au deuxième pilier : Notre Dame de la Compassion, une statue en marbre blanc.
C'est l'histoire de cette statue qui en fait le principal intérêt. C'est un souvenir de Pauline Marie Jaricot, la fondatrice de la Propagation de la Foi
et du Rosaire Vivant. Ce souvenir fut légué par Marie Dubouis, tertiaire dominicaine, à notre église. Du côté gauche, dans un grand médaillon
elliptique fixé au mur et sur une mosaïque d'or, apparaît debout Saint Thomas d'Aquin, docteur angélique, tenant sa Somme Théologique ouverte
devant sa poitrine et foulant aux pieds l'erreur figurée par son principal adversaire, le philosophe arabe Averroes.

L'orgue a été construit en 1898. La bénédiction de l'orgue a eu lieu le 4 août 1900.  En 1903, lors du départ des Frères, il fut démonté et mis en dépôt.
En 1912, il fut remonté à la place qu'il occupe aujourd'hui et inauguré le 28 avril de la même année. En 1953, Paul Couëffé fut nommé organiste
titulaire des Dominicains de Lyon en l'église du Saint Nom de Jésus dont il fera un haut lieu musical lyonnais.

Les vitraux forment une œuvre peut-être unique en France. Ils ont tous été exécutés dans le couvent. Les cartons sont du Père Antoine Danzas, Dominicain,
qui avait été l'inspirateur de l'architecte. Ils ont été reproduits et peints par les Frères Gilles Brossette, Joachim Durif ( tous deux élèves de l'école des Beaux-Arts), Arbogast Heynis et Eugène Baudin.
Ces vitraux sont consacrés à la vie du Christ et à l'histoire de l'ordre dominicain. La verrière du fond de l'abside montre la naissance de l'ordre :
Le Christ apparaît assis sur un trône brillant, tenant de la main gauche un livre sur ses genoux et bénissant de la main droite. Près de lui, un peu plus bas,
apparaît à sa droite la Vierge également assise, les deux mains croisées contre sa poitrine et le regard levé vers son Fils comme quelqu'un qui implore.
Elle implore en effet miséricorde en faveur du monde prévaricateur que le Sauveur allait punir et Celui-ci touché par l'intercession de sa mère, consent à
envoyer aux hommes ses deux serviteurs, Dominique et François, que l'on voit se rencontrer et s'embrasser fraternellement dans le bas du tableau,
de même que leurs anges gardiens.
Les verrières de la nef de droite, celle du Rosaire sont consacrées aux bienheureuses de l'Ordre et celles de la nef gauche, la nef de Saint Dominique,
aux saints religieux dominicains.
A gauche de l'entrée, le triptyque a été réalisé en 2006 d'après les dessins du Père Antoine Danzas par J.J.Fangat. On remarque leur aspect contemporain
de couleur brune alors que ceux peints ultérieurement sont polychromes.


Sources : la Couronne de Marie et archives paroissiales